Developpement de l’energie solaire thermique en France : la croissance molle ?

Alors qu’il y a deux jours je pronostiquais un avenir brillant à l’industrie de l’énergie solaire thermique, me voici froidement contredit par la réalité des chiffres des ventes de chauffe-eau solaire en France…. En effet, à l’occasion de la quatrième édition colloque « Energie solaire et bâtiment » tenu les 5,6 et 7 novembre dernier au Palais de la Bourse à Paris et réunissant les professionnels des deux secteurs, Enerplan (Association professionnelle de l’énergie solaire en France) a publié le 5 novembre une note sur les ventes de chauffe-eau solaire en France en 2007. Le bilan n’est guère reluisant : 39000 chauffe-eau solaires seulement installés en 2007 contre 35000 sur la même période en 2006. Le marché des chauffe-eau solaires combinés a connu, quant à lui, une croissance nulle.

Ces chiffres sont pour le moins étonnants : à une période où les problématiques liées au changement climatique ont pris une ampleur sans précédent dans les médias, et où leur pendant, j’entends par là le développement de l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, n’a jamais été aussi en vogue, on pouvait légitimement s’attendre à des perspectives de croissance fortes (sans même parler de l’effet amplificateur de la hausse des cours du pétrole et du gaz et de la hausse généralisée des factures énergétiques qui en résulte).

Dans ce contexte, comment expliquer la mollesse de la croissance des ventes de chauffe-eau solaires en France ? André Joffre, le directeur d’Enerplan, y apporte une première réponse : selon lui, les responsables de ce manque de dynamisme ne seraient autres que la douceur de l’hiver 2006 et le déficit d’ensoleillement de l’été. Que l’on attribue ou non ces phénomènes au changement climatique, voilà qui nous rappelle que le climat est un phénomène réel avant d’être un gimmick médiatique… et que la météo compte autant dans les décisions d’utilisation de l’énergie solaire que les perspectives d’évolution du climat à long terme ou les crédits d’impôt mis en place pa le gouvernement.

Une seconde hypothèse est avancée par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, pour ceux qui ne suivent pas !) pour expliquer la faible croissance des ventes de chauffe-eau solaires : celle-ci tiendrait au manque d’homogénéité des produits proposés sur le marché français. Les différents systèmes en vente auraient des performances très variables selon une étude réalisée par l’ADEME, ce qui ne pourrait que faire hésiter les ménages à s’équiper.  

Ces résultats médiocres remettent-il en cause l’objectif d’un million de mètres carrés de panneaux solaires installés en 2010, prévu par le plan Face sud et, à plus long terme, les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement ? Je reste optimiste, mais la réussite de ces mesures devra passer par la résolution d’un certain nombre de problèmes. Si la météo reste une variable aléatoire, le problème d’hétérogénéité des performances des matériels solaires devra sans aucun doute faire l’objet de

mesures de contrôle de qualité.